domingo, 10 de junio de 2012

Au-delà











Versión en español:

Los sueños, los impulsos, la inmensidad.
Una ventana abierta al mundo.
El paisaje, el cambio.
Un niño.
El mar.

Me llamo Lucas, he nacido aquí, en esete pequeño pueblito de
pescadores, donde amenudo es la niebla quien me da los buenos días.
Estoy acostumbrado a la bruma, a las nubes y a la lluvia.
A veces, unos minutos antes de levantarme, cierro los 
ojos e imagino que detrás de las cortinas el sol estará ahí. 
Mamá y papá trabajan mucho.
Papá es marinero, pasa los días embarcados en el mar.
Le echo muchísimo de menos.
Le imagino en ese mar gri y negro, y me pregunto 
si un día seré grande como él y si yo también viajaré.

Mamá dice que siempre estoy mirando por la ventana.
Yo sólo espero a que el sol aparezca y observo los
movimientos en el pueblo. Acechando los cambios del paisaje.  
Miro el mar y nado.
Mi mirada fija entre las montañas y los acantilados,
descubriendo colores imposibles.

¡Es extraño vagar entre la niebla!
Solitarios cada arbusto y cada piedra
ningún árbol ve a los otros,
cada uno está solo.

Papá ha vuelto, me dice que he crecido
y que la próxima vez podré ir con él.
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Hombre que mira a la niebla
Mario Benedetti

Me cuesta como nunca
nombrar los árboles y las ventanas
y también el futuro y el dolor
el campanario está invisible y mudo
pero si se expresara
sus tañidos
serían de un fantasma melancólico

la esquina pierde su ángulo filoso
nadie diría que la crueldad existe

la sangre mártir es apenas
una pálida mancha de rencor

cómo cambian las cosas
en la niebla

los voraces no son
más que pobres seguros de sí mismos
los sádicos son colmos de ironía
los soberbios son proas
de algún coraje ajeno
los humildes en cambio no se ven

pero yo sé quién es quién
detrás de ese telón de incertidumbre
sé dónde está el abismo
sé dónde no está dios
sé dónde está la muerte
sé dónde no estás tú

la niebla no es olvido
sino postergación anticipada

ojalá que la espera
no desgaste mis sueños
ojalá que la niebla
no llegue a mis pulmones
y que vos muchachita
emerjas de ella
como un lindo recuerdo
que se convierte en rostro

y yo sepa por fin
que dejas para siempre
la espesura de ese aire maldito
cuando tus ojos encuentren y celebren
mi bienvenida que no tiene pausas
 

 Versión en francés:

Les rêves, l’élan, l’immensité.
Une fenêtre ouverte au monde.
Le paysage, le changement.
Un graçon.
La mer.

Je m’appelle Lucas, je suis né là, dans ce petit village de
pêcheurs où souvent c’est le brouillard qui me dit «bonjour».
Je suis habitué à la brume, aux nuages et à la pluie.
Parfois, quelques minutes avant de me lever, je ferme les
yeux et j’imagine que derrière les rideaux le soleil est là.

Maman et papa travaillent beaucoup.
Papa est marin, il passe les jours embarqué sur la mer.
Il me manque énormément.
Je l’imagine sur cette mer grise et noire, je me demande
si un jour je serai grand comme lui et si je voyagerai.

Maman dit que je suis toujours à regarder par la fenêtre.
Moi, j’attends que le soleil apparaisse et j’observe les
mouvements de la ville. Je guette les changements du paysage.

Je regarde la mer et je nage.
Mon regard court entre les montagnes et les
falaises, découvrant des couleurs impossibles.

Il est étrange de se balader dans la brume!
Chaque buisson et chaque pierre est solitaire,
Aucun arbre ne ressemble aux autres,
Chacun est seul.
 
Papa est de retour, il me dit que j’ai grandi et
que la prochaine fois je pourrai partir avec lui. 


Homme qui regarde le brouillard
Mario Benedetti 

Il me coûte comme jamais
De nommer les arbres et les fenêtres
Et aussi le futur et la douleur
Le clocher es invisible et muet
Mais s’il s’exprimait
Ses tintements
Seraient d’un fantôme mélancolique

Le coin perd son angle aiguisé
Personne ne dirait que la cruauté existe

Le sang martyr est à peine
Une pale tache de rencoeur

Comme changent les choses dans le brouillard

Les voraces ne sont plus que des pauvres sûrs d’eux-mêmes
Les sadiques sont combles d’ironie
Les prétentieux sont proues
D’un certain courage étranger
Les humbles en revanche ne se voient pas

Mais je sais qui est qui
Derrière ce rideau d’incertitudes
Je sais où est l’abîme
Je sais où est Dieu
Je sais où est la mort
Je sais où tu n’es pas

Le brouillard n’est pas oubli
Mais un ajournement anticipé

Pourvu que l’attente
N’use pas mes rêves
Pourvu que le brouillard
N’arrive pas à mes poumons
Et que toi, petite fille
Tu émerges d’elle
Comme un beau souvenir
Qui se transforme en visage

Et que je sache enfin
Que tu laisses pour toujours
L’épaisseur de cet air maudit
Lorsque tes yeux trouvent et célèbrent
Ma bienvenue qui n’a pas de pause.



 







2 comentarios:

Anónimo dijo...

me encanta la portada de tu maqueta!! muy muy guapo...

laeternaduda dijo...

gracias anónimo :)